Histoires extraordinaires de patients presque ordinaires

De la lecture, des chats et la mer

Histoires extraordinaires de patients presque ordinaires

10 décembre 2018 Lecture 0

Le livre

Emprunté par hasard à la bibliothèque, ce livre offre sept histoires extravagantes et hautes en couleur. L’auteur, psychiatre à Toulouse, dépeint à travers elles plusieurs pathologies plus ou moins bien connues du grand public : anorexie mentale, schizophrénie, bipolarité, alcoolisme, dépressions. Ce n’est pas un guide exhaustif de ce que peuvent être ces maladies, ni la description d’un “patient type”. En effet, ces histoires sont vraiment singulières et mettent l’accent sur un individu parmi tant d’autres. Malgré tout, cela est une petite fenêtre sur l’immensité de ces situations.

Chaque histoire est unique, porte sa propre ambiance colorée, ses mots sensoriels, limite aguicheurs. On se croit dans la ferme d’Alissa, dans le petit village des Pyrénées de Carnicerito, dans la maison calme de Violette, sur le terrain de rugby de Julien. On dévore les pages pour savoir ce qu’est devenu tel patient. Et on veut savoir s’il a ou non réussi à faire avec sa maladie ou sa situation difficile.

Mon ressenti

J’ai été particulièrement émue par les deux histoires qui concernent deux vieilles dames. L’une après le décès de son époux avec qui elle a passé toute sa vie, l’autre longtemps après plusieurs drames qui avaient secoués sa vie et l’avait amenée à vivre seule. Cette dernière atteint, à notre satisfaction, une vie douce et joyeuse après un travail long et difficile et plusieurs coups du destin, pas toujours évidents mais au final si justes.

Si je devais trouver un point négatif à cet ouvrage, je déplore un peu de sexisme ordinaire disséminé ça et là entre les pages, à propos d’intuition féminine, de différence de fonctionnement homme-femme et autres joyeusetés. La glorification des corridas pour l’histoire de l’ex-futur-toréador m’a également gêné. Je l’ai néanmoins mis sur le compte du vécu du patient, chez qui cela était une passion, plus que sur un message politique. Cela n’a été bloquant pour moi et j’ai apprécié cette lecture.

On peut se demander à quel point cela a-t-il été romancé et si les noms ont vraiment été changé comme c’est le cas pour les recueils du genre. Je pense notamment à Violette dont le prénom fait résonance à ses bouquets de violettes et où cela a son importance dans son histoire.

Face à des troubles mentaux qui font peur à la plupart des gens, voir tellement d’humanité, des personnes qui attirent tellement d’empathie, le tout sur un ton non-misérabiliste, parfois optimiste, parfois poétique, cela fait du bien.

 

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